Points d’ancrage
- Le volume total de marchandises transbordées a baissé de 2,4 % au premier semestre 2026
- Le contexte géopolitique redéfinit les flux commerciaux
- Les perturbations opérationnelles pèsent sur le transbordement de conteneurs
- La part de marché des conteneurs reste stable et les investissements assurent l'avenir
Le trafic de conteneurs sous pression en raison de perturbations exceptionnelles
Le transbordement de conteneurs a été sous pression au cours du premier semestre 2026 et a été la principale cause de la baisse du transbordement total de marchandises. Exprimé en EVP, le transbordement a reculé de 1,5 % par rapport à un premier semestre 2025 exceptionnellement fort. En tonnes, la baisse s'élevait à 3,6 %. Ce sont surtout les exportations de conteneurs pleins qui ont affiché un recul (-5,7 %), ce qui reflète la faiblesse des exportations de l'économie d'Europe occidentale. Dans le même temps, le transbordement de conteneurs vides a augmenté (+13,7 %), ce qui témoigne d'un déséquilibre croissant entre les importations et les volumes d'exportation disponibles.
Ce recul a été accentué par des perturbations opérationnelles exceptionnelles. Une grève de quatre jours dans la filière maritime en mars a entraîné une perte estimée à 100 000 EVP, suivie par la marée noire survenue dans le dock Deurganck en avril, qui a entraîné une perte supplémentaire d'environ 85 000 EVP. En juin, les actions menées par les pilotes ont de nouveau entraîné des perturbations et une perte estimée à 75 000 EVP. Malgré les déviations et les modifications des horaires de navigation, le port est resté opérationnel et les retards ont été progressivement rattrapés.
Le contexte géopolitique redéfinit les flux commerciaux
Les évolutions géopolitiques au Moyen-Orient ont eu un impact manifeste sur les flux commerciaux. Au cours du premier semestre 2026, les entrées en provenance des pays du golfe Persique ont diminué de 57 % par rapport à l'année dernière. Ce sont surtout les flux énergétiques qui ont été touchés : après le dernier approvisionnement en GNL en provenance du Qatar le 23 mars, les entrées en provenance de la région se sont pratiquement arrêtées à partir du mois d'avril et l'approvisionnement en GNL en provenance du Qatar a chuté de 66 %. Les compagnies maritimes de transport de conteneurs ont adapté leurs horaires de navigation et mis en place des itinéraires alternatifs passant par la mer Rouge et la Méditerranée orientale. Cela a entraîné une forte baisse du trafic avec le golfe Persique, tandis que d'autres ports du Moyen-Orient ont gagné en importance. Les pertes nettes de cargaison liées au golfe Persique ont atteint environ 2,2 millions de tonnes au cours du premier semestre. L'impact le plus important reste indirect : la hausse des coûts de l'énergie, du soutage et du transport, ainsi que les perturbations dans les chaînes d'approvisionnement exercent une pression supplémentaire sur l'industrie européenne.
La politique commerciale américaine a également eu des répercussions. Les États-Unis sont restés le principal partenaire commercial du Port of Antwerp-Bruges, mais les entrées de conteneurs pleins en provenance des États-Unis ont baissé de 10,4 % et les sorties vers les États-Unis de 16,5 %. Les exportations de vracs divers, principalement de l'acier, vers les États-Unis ont baissé de 32 %. En revanche, le transport de vrac liquide a progressé grâce à la hausse des volumes de GNL et de produits chimiques. La Chine est restée un marché en croissance, avec une augmentation du trafic de conteneurs, du volume de véhicules et du trafic d'acier. L'approvisionnement en GNL en provenance de la Russie a augmenté de 12,5 % à l'approche de l'interdiction européenne d'importation prévue à partir de 2027.
Les autres segments de marchandises font preuve de résilience
Hormis le transbordement de conteneurs, les autres segments ont bien résisté. Le transbordement RoRo a progressé de 5,9 %, soutenu par la hausse des volumes de véhicules neufs et de fret non accompagné. Le nombre de véhicules neufs traités a augmenté de 7,7 % pour atteindre 1,695 million d'unités, principalement grâce à la croissance enregistrée en Chine (+25,5 %) et au Japon (+5,5 %). Le trafic de vrac est également resté relativement stable. Le transport de vrac sec a progressé de 2,2 %, tandis que celui de vrac liquide a légèrement reculé (-1,9 %) après un début d'année faible. Ce segment a connu des glissements importants, avec notamment une hausse du GNL (+1,3 %) et du naphte (+31,3 %). Le vrac divers est resté sous pression (-11,7 %) en raison de la faiblesse de la demande industrielle européenne, des droits de douane américains sur l'acier, des coûts élevés de l'énergie et du transport, ainsi que des incertitudes liées au MACF et aux quotas d'importation européens. La hausse des volumes d'acier en provenance de Chine (+44,8 %) n'a pu compenser que partiellement le recul des autres flux commerciaux.
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La part de marché des conteneurs reste stable et les investissements assurent l'avenir
Malgré des conditions de marché difficiles, Port of Antwerp-Bruges a réussi à stabiliser sa part de marché. De nouveaux développements au sein des alliances de conteneurs ont par ailleurs renforcé sa position. Ainsi, Gemini Cooperation a décidé d'affecter des services 'deepsea' vers Anvers sur la zone de navigation Extrême-Orient – Europe, tandis que Premier Alliance a mis en service des porte-conteneurs de plus grande capacité. Des avancées importantes ont également été réalisées dans le cadre du projet « Capacité conteneurs supplémentaire Anvers » (ECA), avec l'évaluation du marché en vue de l'attribution d'une capacité de conteneurs supplémentaire et l'approbation par le gouvernement flamand de l'arrêté de projet relatif au Containercluster Linkerscheldeoever (CCL). En investissant dans ses capacités, dans des infrastructures efficaces et dans une logistique durable, Port of Antwerp-Bruges continue de renforcer sa position de porte d'entrée fiable vers l'Europe.
Rob Smeets, CEO de Port of Antwerp-Bruges : “Le premier semestre montre que Port of Antwerp-Bruges continue, même dans des circonstances exceptionnelles, à remplir son rôle de porte d'entrée de l'Europe. Les flux commerciaux s'adaptent en permanence à une nouvelle réalité géopolitique. Cela exige de la flexibilité de la part de notre communauté portuaire et souligne l'importance de continuer à investir dans les capacités, dans des infrastructures efficaces et dans une logistique durable. Dans le même temps, le contexte international reste particulièrement incertain. C'est pourquoi l'Europe doit continuer à miser sur une politique industrielle forte et un climat d'investissement compétitif.
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Johan Klaps, président du Conseil d'Administration de Port of Antwerp-Bruges et échevin du port d'Anvers: “Le premier semestre montre non seulement à quel point les chaînes logistiques internationales sont sensibles aux perturbations, mais aussi à quel point notre port fait preuve de résilience. Malgré les défis opérationnels successifs, Port of Antwerp-Bruges a réussi à maintenir sa part de marché dans le trafic de conteneurs. Cela confirme à quel point les investissements dans l’accessibilité et la capacité, ainsi qu’une organisation portuaire fiable, sont essentiels pour l’attractivité de notre port auprès des compagnies maritimes, de l’industrie et du secteur logistique dans son ensemble.
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Dirk De fauw, vice-président du Conseil d'Administration de Port of Antwerp-Bruges et bourgmestre de Bruges: “Le glissement rapide des flux énergétiques montre à quel point la complémentarité entre Anvers et Zeebruges est importante. Grâce à cette complémentarité, notre port reste un maillon essentiel de l'approvisionnement énergétique et logistique de l'Europe. En continuant à investir dans les infrastructures et la croissance durable, nous renforçons non seulement le port, mais aussi la vitalité économique et l'emploi dans notre région.
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